Au Moyen Age, l'insécurité dominait. Terre frontière, la Meuse a vu s'ériger des églises fortifiées, aux clochers-tours appelés « hourds » qui protégeaient en cas d'attaque les défenseurs comme les populations civiles. Certaines ont magnifiquement résisté aux assaillants comme à l'usure du temps, témoignages d'exception d'une architecture mêlant créneaux et mâchicoulis, mais ne négligeant pas le caractère sacré des lieux. L'église Saint-Rémy de Saint-Pierrevillers (12ème - 16ème siècle) en est un riche exemple. Elle abrite dans ses combles une exposition permanente consacrée aux églises fortifiées de la Meuse.
Les églises ne sont pas ouvertes en permanence, pour savoir si une église est ouverte vous pouvez contacter la mairie concernée.
Saint-Pierrevillers (XIIème-XVIème siècle)
A proximité de la Belgique l'église Saint-Rémy est un exemple remarquable d'église fortifiée, particulièrement bien conservée. D'après la tradition, l'église aurait soutenu victorieusement un siège mené par les Suédois pendant la guerre de trente ans.
De l'ancienne église romane, il ne subsiste que la tour-clocher et quelques chapiteaux réemployés dans le chœur. L'église a subi d'importantes modifications au milieu du XVIème siècle et offre une allure de forteresse. La tour-clocher a été flanquée de bas-côtés surélevés, une vaste salle étant aménagée au-dessus de la nef, du chœur et des bas-côtés. Des fenêtres de tir et des archères surmontées d'une couronne de quatorze brèches assurent la protection de l'édifice. Le clocher comprend quatre chambres fortes superposées d'environ 10 m² chacune.
Saint-Pierrevillers a été conçue pour soutenir de longs sièges. On y a découvert un four à pain détruit après 1870. Une cheminée se trouve encore dans le comble du chœur. L'existence d'un puits dans le bas-côté gauche servant à la fois à l'alimentation des réfugiés et à la lutte contre les projectiles incendiaires a été confirmée. La porte de l'église était renforcée par des plaques de tôles fixées par des clous. L'escalier qui mène au comble-refuge présente la particularité d'être formé de marches en chêne numérotées.
L'exposition permanente sur les Eglises fortifiées présente dans les combles de l'église de Saint-Pierrevillers lève le voile sur un phénomène insoupçonné qui s'est probablement étendu à plusieurs centaines d'édifices culturels en Meuse.