émotion
Découvrir la Meuse
Ok
Ajouter à ma sélection Envoyer à un ou plusieurs ami(es) Imprimer Exporter cette page en pdf Augmenter la taille du texte Réduire la taille du texte

Accueil > Le temps de l'histoire > Du patrimoine rural aux églises remarquables > Les lavoirs et fontaines

Les lavoirs et fontaines

Le Déo à Mauvages
C'est une autre vertu touristique de la Meuse, tout aussi précieusement entretenue celle-là. Sur ses chemins de traverse, nombreuses sont en effet les constructions pittoresques et dignes d'intérêts. Elles ont facilité et servent encore le quotidien des populations locales. Elles s'imposent comme des éléments à part entière du patrimoine meusien. Lavoirs, fontaines, ponts : ces monuments apportent une note décalée dans l'architecture paysanne locale. Rappels d'un hier pas si lointain, fruits des savoir-faire locaux, ils méritent réellement l'attention et le détour. Alliant pierre de taille, bois, métal de la sidérurgie lorraine naissante, l'architecture des lavoirs en témoigne. La diversité des techniques d'alimentation, au fil de l'eau ou par captage, les ornementations au vocabulaire antique, les équipements de confort proposés aux lavandières ajoutent à l'attrait de la découverte. Tout cela fleure bon la vie et l'imagination. Les nombreuses fontaines érigées à travers le département le confirment. On peut y côtoyer Neptune à Andernay, des caryatides à Lacroix-sur-Meuse, un dieu égyptien à Mauvages, un bœuf grandeur nature à Villotte-devant-Louppy. Autant de fantaisies créatrices, inédites, donc attractives qui s'ajoutent au pittoresque des villages de Meuse. Ne manquez pas également les ponts en pierre de la vallée de la Saulx notamment ceux de Bazincourt, Haironville (douze arches protégés par une croix) et Rupt-aux-Nonains (huit arches protégé par une croix élevée en son centre).
Lavoir de Viéville-sous-les-Côtes

Les lavoirs

Le 18ème et le 19ème siècle ont été marqués par un certain nombre d'épidémies, souvent causées par des eaux de mauvaise qualité. A défaut de puits, un abreuvoir posé sur l'usoir remplissait parfois toutes les fonctions. On y prélevait l'eau alimentaire, on y lavait le linge, hommes et animaux l'utilisaient indifféremment. Tout cela favorisait la propagation des maladies. C'est pourquoi dès 1789, après la création des municipalités, l'Etat prit conscience du besoin impérieux de légiférer pour établir des mesures d'hygiène publique. Les élus de la nation décidèrent «que les communes sont tenues de garantir aux habitants de bonnes conditions de salubrité, c'est à elles qu'incombe la charge de concrétiser les équipements nécessaires». Il s'agissait là d'un geste politique majeur attestant que l'Etat prenait en égale considération tous les citoyens, même au plus profond des zones rurales. Au cours du 19ème siècle d'autres textes de loi vinrent compléter ces mesures.
Au fil des ans, les maires s'attachèrent à installer dans leur village les équipements nécessaires au bien-être de la collectivité. Les maires accomplissaient ainsi leur rôle d'hommes politiques : faire œuvre utile tout en enrichissant et en développant le patrimoine de la nation.
 
Le lavoir dans le tissu urbain
A son rôle utilitaire, le lavoir ajoute l'expression d'une politique nationale, dont la municipalité est le maillon local. Si tous les citoyens bénéficient des progrès scientifiques (hygiène), techniques (captage, construction) et de confort, c'est grâce à la volonté politique.
Dans les villages meusiens à l'habitat groupé, on tente, autant que possible, de lui donner une position centrale. Servi par une architecture souvent ostentatoire, il devient un point d'articulation essentiel du tissu urbain. Dans les localités étendues, on profite du captage pour alimenter des fontaines. Ponctuant les différents quartiers, elles sont alors envisagées comme autant de rappels du lavoir lui-même et véhiculent une charge symbolique similaire.
 
Le lavoir, domaine de la femme
Hors de la présence des hommes, les lavandières parlent à leur aise et se livrent. On débat de tout, des sujets les plus généraux aux secrets les plus intimes.
Mais il n'est pas toujours nécessaire de parler. Les souillures d'un drap, les déchirures d'un vêtement révèlent crûment les réalités de la vie : le lavoir est la scène publique où s'offrent, au regard de toutes, ces témoignages. Les rivalités, les jalousies s'alimentent de commentaires sur le linge : une étoffe trop luxueusement brodée, un tissu élimé et rapiécé, les différentes salissures d'un vêtement, racontent des histoires et des événements à qui sait les décrypter.
Or, qui mieux qu'une autre lavandière sait interpréter ces signes ? Nul mensonge, nulle dérobade n'est possible. Les ragots vont bon train, les querelles fleurissent, servis par un vocabulaire de circonstance. Le «caquetage» des lavandières est d'une vulgarité proverbiale. Il n'est pas rare que les disputes dégénèrent en bagarre où le battoir accède à une nouvelle fonction ! Mais le lavoir est avant tout un lieu où l'on souffre : agenouillée dans l'humidité, la femme bat, brosse, savonne des heures durant.
L'entretien du linge est une véritable épreuve de force qui occasionne, crampes, courbatures, engelures et crevasses...
Fontaine de Lacroix-sur-Meuse

Les fontaines

Lieu de rencontre obligé, les fontaines furent construites avant tout pour faciliter l'existence quotidienne des habitants en amenant l'eau jusqu'au centre des villages.
A cette fonction, s'en est ajoutée une autre : doter le village d'une œuvre qui contribue à son embellissement. C'est en grande partie au travers de ses usages multiples, occasionnant des constructions plus ou moins monumentales, que s'exprime la diversité des fontaines. Les fontaines isolées, présentent un bloc de distribution central alimentant un bassin circulaire ou polygonal autour duquel on peut tourner. Elles exigent beaucoup d'espace. Elles ont accompagné les travaux d'urbanisme et de création de places qui se menaient dans les villages dès la fin du XVIIIème siècle (exemples : Void, Boviolles, Montmédy...).
Les fontaines adossées sont caractérisées par leur bloc de distribution appuyé ou intégré à une muraille ou à une construction, notamment un lavoir.
La plupart des fontaines adossées concentrent leur décor sur la niche en pierre ou l'édicule de puisage. L'ornementation est directement inspirée par les découvertes archéologiques et plus spécialement par les temples domestiques de Pompéi et certains monuments funéraires romains.
Un unique fronton, de face, couronne les édicules à niche tels que celui de la fontaine de Brixey aux Chanoines construite par MERDIER, en 1847 ou le lavoir de Laneuville-au-Rupt construit par LEROUGE en 1817.

Comité Départemental du Tourisme de la Meuse - site officiel
33 Rue des Grangettes - 55000 BAR LE DUC - Tél. : + 00 33 (0)3 29 45 78 40 - Fax : + 00 33 (0)3 29 45 78 45
Copyright 2008 CDT Meuse - Mentions légales
www.meuse.fr